Les traitements de fond de l’AOH

Les traitements de fond de l'AOH

L’objectif du traitement de fond de l’AOH (de « routine ») est de limiter la survenue des crises et d’améliorer la qualité de vie du patient.

Ce type de traitement doit être proposé à tout patient présentant :

  • Au moins une crise par mois
  • Ou 5 crises sévères par an

Ou des crises ayant un retentissement important sur sa qualité de vie. Sur cette page, découvrez toutes les informations sur les traitements de fond de l’AOH.

Les différents traitements de fond de l'AOH

Les androgènes atténuées tel que le denazol (Danatrol®) qui est un traitement oral, augmentent la synthèse hépatique de C1-INH et donc d’une augmentation de la concentration de cette protéine ce qui permet l’accélération de la dégradation de la bradykine.

Il peut être utilisé pour des périodes prophylactiques de durée limitée (voyage dans un pays avec accès limité aux traitements de la crise, période avec exposition aux situations à risque accru de crise).

Le danazol est contre-indiqué chez la femme enceinte et doit être interrompu dès la confirmation de la grossesse ; il n’est pas contraceptif. Il est également contre-indiqué en cas de risque carcinologique ou de risque cardiovasculaire majeur et d’antécédents de thrombose.

L’utilisation du danazol en pédiatrie chez l’enfant non pubère est déconseillée en prophylaxie au long terme mais possible sur de courtes durées après la fin de puberté. Le Danazol fait partie des traitements de fond de l’AOH.

Les anti-fibrinolytiques tels que l’acide tranexamique (Exacyl®, Spotof®) inhibent l’activation de la plasmine, limitant ainsi la boucle amplificatrice d’activation du FXII et la consommation de C1-INH par la plasmine.

Ce traitement peut être utilisé chez l’adulte et chez l’enfant, il se présente sous format per os.

Dans les AOH par déficit en C1-INH, il est communément considéré comme moins efficace que le Danatrol®. Il semble plus efficace dans les AOH à C1-INH normal associés aux mutations FXII et PLG.

Les contre-indications sont principalement les antécédents de thrombose et les situations thrombogènes (pendant les 6 premiers semaines du post-partim, etc.) et les antécédents de convulsions. Les anti-fibrinolytiques font parties des traitements de fond de l’AOH.

Les progestatifs constituent un traitement prophylactique à long terme chez les femmes en période d’activité génitale, y compris les adolescentes, du fait de l’oestrogénosensibilité de la pathologie. Il peut diminuer de façon efficace la fréquence de crises.

Les progestatifs assurent aussi la contraception.

Ils peuvent être associés aux autres traitements de l’AOH et au danazol (androgènes)

  • Un traitement de fond par lanadélumab ou C1-INH pourra être proposé en cas d’échec d’un traitement de 1ère ligne bien conduit pendant 3 mois.

Le lanadelumab (Takhzyro®) est un anticorps qui inhibe l’activité de la kallicréine en se fixant à celle-ci.

Le lanadelumab est disponible pour la prévention des crises récurrentes chez les patients âgés de 12 ans et plus. Ce traitement est proposé lorsque les traitements indiqués dans la prévention de routine sont inefficaces ou insuffisamment efficaces, mal tolérés, contre-indiquées ou indisponibles.

L’administration chez l’enfant de moins de 12 ans et la femme enceinte n’est pas recommandée à ce jour.

Le traitement a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) depuis 2018 dans le traitement prophylactique de tous les types d’AOH en cas d’échec d’un traitement de première ligne bien conduit pendant 3 mois.

Berostralstat (Orladeyo®) : médicament en cours de développement – résultats phase 3 publiés, disponible en autorisation temporaire d’utilisation (ATU) nominative :

Le berostralstat est un inhibiteur de la kallicréine oral sous forme de gélule à prendre une fois par jour actuellement en cours de développement dans la prévention des crises pour les patients âgés de plus de 12 ans. Son positionnement dans la stratégie thérapeutique sera défini dans les prochains mois.

Les CI-INH (Bérinert®, Cinryze®, Ruconest®) permettent d’augmenter le taux de C1-INH et rétablir la régulation de la génération de BK.

Médicament en cours de développement – résultats phase 3 publiés, disponible en autorisation temporaire d’utilisation (ATU) nominative :

Le berostralstat est un inhibiteur de la kallicréine oral sous forme de gélule à prendre une fois par jour actuellement en cours de développement dans la prévention des crises pour les patients âgés de plus de 12 ans. Son positionnement dans la stratégie thérapeutique sera défini dans les prochains mois.

Les C1-INH (Bérinet®, Cinryze®, Ruconest®) permettent d’augmenter le taux de C1-INH et rétablir la régulation de la génération de la bradykine.

  • Concentré de C1-INH : Bérinert® possède l’autorisation de mise sur le marché (AMM) chez l’adulte et l’enfant de tout âge, pour le traitement de la crise et la prophylaxie à court terme avant une intervention dentaire, chirurgicale et médicale (6h précédant le geste). La prophylaxie à court terme permet une diminution du risque de survenue d’une crise.

Utilisable en toute innocuité chez l’adulte, la femme enceinte et l’enfant.

Bien que n’ayant pas l’AMM dans la prophylaxie au long terme, le Bérinert® est également utilisé dans cette indication de façon sûre et efficace sur avis d’experts du CREAK.

  • Concentré de C1-INH : Cinryze®, possède l’AMM chez l’enfant à partir de 2 ans et l’adulte dans le traitement de la crise et la prophylaxie à court terme avant une intervention ainsi que l’AMM chez l’enfant à partir de 6 ans et l’adulte dans la prévention au long cours des crises.

Ce traitement est utilisable en toute innocuité chez l’adulte, la femme enceinte et l’enfant.

Ruconest® : les principaux intérêts de ce type de traitement par rapport aux produits dérivés du sang sont la réduction des risques potentiels de transmission de virus, l’amélioration et la pureté du produit fini et la perspective d’un approvisionnement non contraint par les dons du sang.

Le Ruconest®  a l’AMM en France depuis 2010 chez l’adulte et l’adolescent pour le traitement des crises.

L’administration chez l’enfant et la femme enceinte n’est pas recommandée à ce jour (absence d’AMM)

stéthoscope - Angioedème Bradykinique

Les traitements de fond de l’AOH ne sont pas les seuls traitements existants. Découvrez quels sont les traitements de crise de l’AOH

Le CHU de Grenoble présente le CREAK, voir en cliquant ici.