Biologie / génétique

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Afin de pouvoir faire un diagnostic sur la nature des angiœdèmes et ainsi dispenser un traitement adapté, il est nécessaire de pratiquer des examens biologiques et génétiques. 

Le CREAK propose également un accompagnement pédiatrique. En savoir plus en cliquant ici

biologie :

En cas de suspicion d’angioedème bradykinique, les examens biologiques permettent de confirmer le diagnostic clinique ; ces examens comportent les dosages pondéral et fonctionnel de la protéine C1-inhibiteur (C1-INH), et le dosage pondéral de la protéine C4. Ces examens n’ont pas besoin d’être réalisés lors d’une crise.


La concentration de C1-INH est évaluée par des méthodes immunochimiques ; les valeurs de référence dépendent de la technique de dosage et varient d’un laboratoire à l’autre. Un angioedème avec déficit en C1-INH est évoqué lorsque l’activité fonctionnelle est inférieure à 50 % des valeurs de référence sur 2 dosages espacés d’un mois d’intervalle minimum, dont au moins un réalisé dans un laboratoire de référence. Si le déficit se confirme, des examens plus approfondis doivent être réalisés afin de déterminer le caractère héréditaire ou acquis du déficit. Le dosage du C1q et la recherche d'un anticorps anti-C1Inh peuvent alors être proposés.
Les Laboratoires d’Immunologie et de Génétique Moléculaire du Centre de Référence des Angioedèmes du CHU Grenoble-Alpes constituent les sites référents du CREAK. Le catalogue des analyses réalisées par les laboratoires ainsi que les coordonnées des biologistes référents sont disponibles sur le site internet : https://biologie.chu-grenoble.fr/catalogue-des-examens 

L’interprétation des résultats de chaque bilan biologique est effectuée en tenant compte des valeurs référence établies au laboratoire, des renseignements cliniques, du contexte de prélèvement, des antécédents familiaux, des traitements en cours. Les biologistes référents du CREAK mènent au quotidien une activité de conseil et d’alerte en vérifient la pertinence de la prescription avec le contexte clinique ainsi qu’avec la qualité des prélèvements.

Ils orientent la prescription et la réalisation d’examens de deuxième intention en fonction du contexte clinique. Le dialogue entre clinicien et biologiste est indispensable à la qualification de l’angioedème ; l’annonce du diagnostic se fait lors d’une consultation spécialisée avec un médecin référent du réseau CREAK (sites de référence et de compétence) afin d’informer et éduquer le patient et son entourage.

chez les enfants

Les taux de C1-INH varie avec l’âge et atteint le taux adulte entre 6 et 36 mois. Chez un enfant avec une histoire familiale d’AOH, un diagnostic précoce est préconisé, car les crises peuvent survenir dès les premiers mois de la vie. 

En cas de mutation connue du parent atteint, un diagnostic génétique pré-symptomatique peut être proposé en lien avec une consultation de génétique clinique, sur prélèvement sanguin ou écouvillonnage bucal.

génétique

L’AOH est secondaire à des variants pathogènes sur le gène codant le C1-INH appelé SERPING1. Le variant pathogène causal est hérité d’un parent ou apparaît de novo chez le patient.

LA recherche de mutation est réalisable dans quelques centres français.

Dans les cas d’angiœdème avec C1-INH normal, aujourd’hui, trois gènes sont explorés :

– Le gène codant le Facteur XII (F12),

– Le gène codant le plasminogène (PLG) et,

– Le gène codant le KNG1

L’absence de variant pathogène dans les gènes F12, PLG ou KNG1 n’exclut cependant pas le diagnostic d’AOH à C1-INH normal. D’autres gènes sont susceptibles d’être identifiés dans les années à venir.

Le conseil génétique doit être effectué au cours d’une consultation par un médecin référent ou un généticien clinicien. Il a pour objectif : 

– D’informer sur l’origine génétique de la pathologie, sur le mode de transmission.

– De réaliser un arbre généalogique pour informer du risque pour les apparentés et des modalités d’un dépistage pré-symptomatique, y compris chez les enfants. L’information de la parentèle est obligatoire et de la responsabilité du patient porteur de la mutation (décret n°2013-527 du 20 juin 2013) puisqu’il existe des traitements préventifs.

Quelle est l'origine de l'angioedème bradykinique ?

L’angioedème bradykinique s’explique par une génération excessive de bradykinine (BK),
peptide aux puissantes propriétés vasodilatatrices.
La bradykinine est produite par l’activation de la voie kallicréine-kinine, cascade
protéolytique mettant en jeu plusieurs protéines et protéases (Figure 1) : l’activation du
Facteur XII (F12) induit la conversion de la prékallicréine en kallicréine, qui à son tour clive le
kininogène de haut poids moléculaire pour générer la bradykinine. La plasmine joue un rôle
amplificateur, favorisant l’activation du F12. La bradykinine se fixe sur les récepteurs B2
exprimés de manière constitutive à la surface des cellules endothéliales, et les active. Ceci
entraîne la libération de médiateurs qui provoquent la relaxation des cellules musculaires
lisses, une vasodilatation, et une augmentation de la perméabilité vasculaire. Ces
modifications causent l’extravasation de plasma dans l’espace extracellulaire, et par
conséquent, la formation des oedèmes.
C1-inhibiteur (C1-INH) est le principal régulateur négatif de la voie de la production de
bradykinine.
Une fois produite, la BK est principalement dégradée (à 75%) par l’enzyme de conversion de
l’angiotensine (ECA) ; d’autres enzymes interviennent dans son catabolisme :
l’aminopeptidase P (APP), la Carboxypeptidase N, la dipeptidyl peptidase IV (DPPIV) et la
Neprilysine (NEP).

qu'est-ce qu'un angioedeme bradykinique

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